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Il s'agit ici de mettre en lumière les moyens mis en œuvre par la démocratie pour s’enraciner durablement en France dans une société en pleine mutation du fait de la croissance économique des Trente Glorieuses. Caractériser la Ve République, un régime qui ne tranche pas nettement entre régime présidentiel et régime parlementaire. Souligner la place occupée par la personnalité du général De Gaulle et les moyens qu'il emploie pour renforcer le pouvoir exécutif. Caractériser la période 1950-1974 dites des Trente Glorieuses et les mutations sociales importantes qui l'accompagnent. Expliquer la montée des contstestations qui se cristallisent dans Mai 68 et la portée de ces évènements sur la conception de la démocratie et des formes « d'usures démocratiques » (abstentions, montée des votes extrêmes, érosion de la confiance politique). Souligner la place prise progressivement par des formes de démocraties directes et participatives depuis les années 1980. Notions et repères mobilisés: Société de consommation, Trente Glorieuse, Constitution 1958 : Proclamation de la Ve République 1962 : Election du président de la République au suffrage universel direct 1968 : Manifestations ouvrières et étudiantes de mai 1974 : Garantie de ressources pour les chômeurs 1974 : Droit de vote à 18 ans 1975 : Réforme Haby (collège unique et création des lycées d’enseignement professionnel) 1975 : Loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse 1982 : Lois Auroux sur le droit du travail 1985 : Création du baccalauréat professionnel 1992 : Ratification du traité de Maastricht 2000 : Loi sur la parité aux élections 2003 : Révision constitutionnelle sur la démocratie de proximité 2004 : Charte de l’environnement Au cours des Trente Glorieuses, la jeunesse s’ouvre à d’autres cultures et dans le contexte de prospérité elle supporte mal une société qui semble figée. La crise de mai 68 fait éclater en plein jour l’inadéquation entre ces aspirations de la jeunesse qui réclame plus de liberté et une société qui véhicule des valeurs traditionnelles de l’ordre, de l’autorité et du savoir établi. Mai 68 apporte des changements dans les années qui suivent notamment en lien avec la valorisation de l’individu qui revendique plus de participation aux débats publics. De fait, la démocratie représentative passe au second plan face à d’autres formes d’expression démocratique plus directes telles que les manifestations. Cela conduit également à une évolution au niveau de l’abaissement du droit de vote à 18 ans ou encore en lien avec les droits des femmes. Une personnalisation du pouvoir sur un temps long s’est incarnée dans des figures présidentielles telles que celle du général de Gaulle ou encore de François Mitterrand. Ce dernier incarne en 1981 la première alternance de gauche de l’histoire de la Ve République. Les alternances politiques sont la règle depuis 1981. Cela a pris une forme originale et inédite avec trois cohabitations. Les mécontentements de l’opinion s’expriment dans les différents scrutins, marqués par une augmentation des abstentions, une montée des votes extrêmes par pure protestation, s’y ajoute l’émiettement des partis et une érosion de la confiance en la parole politique. Les citoyens n’acceptent plus de déléguer leur pouvoir et leur parole sans avoir la possibilité de s’exprimer et d’être associés aux décisions politiques. La démocratie participative se présente comme une alternative politique pour tenter de revitaliser l’implication citoyenne. Certains dispositifs de participation citoyenne ont été institués par la loi (les budgets participatifs depuis le début des années 2000, la loi sur la démocratie de proximité en 2002, le référendum local et le droit de pétition en 2003, le référendum d’initiative citoyenne depuis 2008, la consultation locale sur les projets environnementaux en 2016). Internet et les réseaux sociaux permettent plus d’échanges et de communications que jamais. Une démocratie d’opinion surgit du web, parle de civic-tech, les technologies citoyennes. Les dirigeants politiques doivent composer avec ce que cela implique de soudaineté, à l’image de l’émergence du mouvement des « gilets jaunes » en 2018 conduisant à approfondir la réflexion sur encore plus de démocratie participative. Au cœur de l’entreprise, les lois Auroux qui affirment la démocratie sociale. Elles mettent en place le droit d’expression des salariés et l’obligation de négocier dans l’entreprise. Il s’agit d’une nouvelle citoyenneté de l’entreprise qui pose les bases de ce que l’on appelle alors le « dialogue social ». Ce sont des enjeux qui restent cruciaux aujourd’hui face à la montée des « risques psychosociaux », au phénomène des suicides au travail. Dans le domaine scolaire, la démocratisation s’est réalisée notamment avec la mise en place du baccalauréat professionnel en 1985. Pour autant, le chemin reste encore à faire pour permettre une réelle égalité de traitement entre bacheliers généraux, technologiques et professionnels. L’accès aux études supérieures en est encore l’illustration. Les bacheliers professionnels ont pour vocation d’entrer directement sur le marché du travail, de fait seuls 23 % tentent de poursuivre dans l’enseignement supérieur.